Double crise dans nos hôpitaux publics

Double crise dans nos hôpitaux publics

La vague épidémique montante vient raviver celle d’ampleur qui il y a plus d’un an, a pris sa source dans la colère des services d’urgence et s’est étendue au monde hospitalier public dans son ensemble.

La convergence de ces deux événements cristallise aujourd’hui l’exaspération du personnel hospitalier, qui par la voix du Dr François Salachas, neurologue et membre du Collectif inter-hopitaux, s’est exprimée jeudi dernier lors de la visite d’Emmanuel Macron à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

« On est au bout, on est vraiment au bout, donnez les moyens au ministère de la Santé de nous donner les moyens de soigner nos patients ! »

Si le monde hospitalier est aujourd’hui essoufflé, c’est car il voit des situations de sous-effectifs s’enliser au sein de ses services, notamment due à une sous rémunération des personnels hospitaliers. C’est car, les capacités d’accueil sont insuffisantes. Cette rationalisation budgétaire subie par l’hôpital est inacceptable, d’autant plus pour un tel service public.

Alors que nous savons que ce virus affecte en priorité les populations les plus fragiles, la prise en charge de celles d’origine étrangère, qu’elles soient en situation irrégulière ou demandeuse d’asile interroge. Pour l’accès aux soins, elles sont sujettes au décret gouvernemental du 30 décembre 2019. Ce dernier, instaure un laps de temps de 90 jours afin de bénéficier de l’aide médicale d’État.

Face à une inégalité d’accès aux soins justifiée sur des critères ethniques, nous avions déjà dénoncé ce décret. Aujourd’hui, l’incohérence ne suffit plus pour définir ce dernier. Il est maintenant devenu dommageable pour l’ensemble de la population vivant sur le territoire. Face à la menace épidémique, la mise en place d’une protection sélective est préjudiciable à l’intérêt général.

Cette photographie ne peut que nous interpeller, notamment face à l’effort demandé pour la prise en charge du coronavirus. Alors que nous savons qu’il touche principalement les plus faibles, c’est une bien triste ironie qu’il soit infligé à un secteur en mauvaise santé.

Ainsi, je voudrais réitérer aujourd’hui toute ma confiance et mon soutien à l’ensemble des personnels soignants de notre pays face à la gestion de cette crise.

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