Semaine de contrôle : sur les moyens de remédier aux effets de l’épidémie de covid-19 sur la jeunesse

Semaine de contrôle : sur les moyens de remédier aux effets de l’épidémie de covid-19 sur la jeunesse

Depuis de longs mois, la crise sanitaire n’épargne personne, les effets de l’épidémie de covid-19 sont nombreux et nous ne pouvons que constater, avec inquiétude, le mal-être qui s’empare de notre jeunesse. Cette jeunesse, qui pourtant, montre sa capacité à se mobiliser, individuellement ou collectivement, à montrer chaque jour qu’elle n’est pas abattue, qu’elle propose, qu’elle prend des initiatives, qu’elle est solidaire, une jeunesse envers laquelle nous avons une promesse à tenir. 

Car pour des milliers de jeunes, la crise a été le révélateur ou l’aggravation de situations préoccupantes : le taux de pauvreté des -de 25 ans est 3 fois supérieur à celui des plus de 60 ans, 16%vivent en dessous du seuil de pauvreté dans un des pays les plus développés au monde !

Pour autant, nous le savons, derrière le vocable de jeunesse bien des situations socio-économiques doivent nous interpeller :

Je pense bien sûr, à ces jeunes qui ont perdu un emploi qu’ils cumulaient avec leurs études parfois ou qui venaient de démarrer dans la vie active, n’ayant alors plus de sources de revenus qui permettent de subvenir à leurs besoins. Il faut ici le rappeler, la solidarité familiale , traditionnellement, mais encore plus aujourd’hui si elle reste largement dispensée, dans 8 cas sur 10, est évidemment très inégalement répartie, pénalisant une nouvelle fois les jeunes de milieu défavorisé.

Mais la réalité de notre jeunesse c’’est aussi des jeunes parents désarmés, des jeunes sortis d’un système scolaire dans lequel ils n’ont pas trouver leur place, des adultes en devenir, marginalisés ….

Les effets de la crise sont divers : sur la santé :ainsi, le pourcentage des jeunes, inquiets pour leur santé mentale ne cesse d’augmenter, tout comme le renoncement aux soins faute de moyens. Effets qui se ressentent sur les finances aussi, qui sont de plus en plus affectées, pour une population déjà fragile puisque 50% des personnes pauvres ont moins de 30 ans… 

Sur la perte de lien social et les angoisses d’un avenir troublé qui font accroitre les détresses de notre jeunesse. A celles et ceux qui, sans autre choix, sont restés confinés dans des logements de petite taille, souvent obligés de renoncer à leur indépendance pour trouver refuge chez des proches, ont vu la vie sociale brusquement s’arrêter

La réponse de notre Assemblée doit être à la hauteur des espoirs de la jeunesse du pays. 

D’abord, en répondant à l’urgence, une urgence matérielle. Nous ne pouvons plus rester les spectateurs des images quotidiennes de ces files d’attente s’allongeant de centaines de jeunes devant les banques alimentaires qui doivent désormais choisir entre payer leur loyer ou manger. 

Nous avons la possibilité d’apporter une réponse forte à la jeunesse, et le groupe Socialiste a présenté plusieurs propositions en ce sens le 18 février dernier.

D’abord, par l’ouverture du RSA aux 18-25 ans, comme proposé par mes collègues Vallaud et Saulignac le 18 février dernier. Non pas, comme cela a été caricaturé par la majorité en instaurant des dispositifs d’assistanat, mais tout au contraire afin de proposer un processus d’émancipation solidaire. En Europe, 23 des 27 pays ont un minimum jeunesse , en France, le choix de la familiarisation des aides qui semble impossible de questionner, laisse dans la précarité et la dépendance à l’égard de la famille des millions de citoyens qui doivent attendre 25 ans pour bénéficier de l’aide de l’Etat.

Cette mesure d’urgence pourrait être suivie par l’instauration d’un revenu minimal en faveur de la jeunesse qui permettrait de financer des études, des formations, le permis de conduire, le loyer… 

Un revenu de base et une dotation universelle donc, que beaucoup de nos voisins européens, ont plébiscité.

Pour répondre à l’urgence il faut des moyens exceptionnels à destination de l’enseignement supérieur, des cités universitaires, des maisons de quartier, des centres d’apprentissage…

Ces moyens dédiés à l’urgence, je le rappelle, devront permettre de renforcer les cellules d’aide psychologique, grossir les rangs des professionnels de santé intervenant dans ces lieux, infirmières, assistantes sociales, psychologues. 

Ces moyens, permettront aussi de s’attaquer à la précarité grandissante de notre jeunesse, alimentaire d’abord en créant de nouvelles épiceries solidaires, mais aussi en accompagnant les jeunes diplômés et non diplômés à trouver un premier emploi, un stage, une alternance, à construire leur autonomie, à s’imaginer un possible avenir.

« Un jeune, une solution », le slogan claque, mais faut-il que vous ne vouliez pas voir la réalité pour ne pas faire le constat des échecs successifs de ces politiques de communication ! certes les chiffres de l’apprentissage décollent, mais que faisons-nous pour tous ceux qui, sans solution, et plus grave sans espoir, construits dans l’échec continuent  de ne pas recourir à leurs droits, et sont pris dans l’étau des difficultés du quotidien et la complexité des systèmes, la multitude des dispositifs dans un monde numérique qui les privent trop souvent d’un interlocuteur, d’une personne à qui faire confiance. Hier le Président a annoncé 30 millions d’euros pour le mentorat, bien mais n’est-ce pas là un aveu d’échec quant au suivi de ces jeunes? n’est-ce pas de la responsabilité de l’état de donner à un service public de l’emploi de l’accompagnement vers l’emploi les moyens de mettre chaque jeune  face à un interlocuteur?

Acquérir de l’autonomie grâce à l’insertion professionnelle, nous en convenons tous, pour autant cette crise nous dit aussi la nécessité qu’il y a à renforcer l’accès à la culture en faveur des jeunes. Leur permettre de s’évader, de s’enrichir à travers les arts, les pratiques artistiques culturelles et sportives. La jeunesse est diverse : citadine ou rurale, elle est riche de ses différences et de son besoin de dessiner d’autres horizons, de s’engager, de s’opposer, de manifester ses rêves.

Les cinémas, les théâtres, les musées, les opéras, les stades, tous ces lieux fermés depuis de longs mois maintenant, sont pour notre jeunesse aussi un élément de rebond et des bouffées d’oxygène: ils sont les outils d’un ré-enchantement, il est temps que ces lieux vivent de nouveau.

Certes, la jeunesse n’est pas dans la rue, mais son désespoir est assourdissant, notre responsabilité envers elle, envers ce qu’elle dit de la force d’une action nous oblige.

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