Suppression de l’onpes : une décision qui remet en cause un acquis majeur de la loi de 1998

Suppression de l’onpes : une décision qui remet en cause un acquis majeur de la loi de 1998

Alors que le 17 octobre, ADT quart monde publiait un rapport inquiétant sur la pauvreté en France, le Premier Ministre a annoncé vendredi dernier la suppression de 3 agences :

  • L’Observatoire National de la pauvreté et de l’exclusion sociale
  • la Miviludes, qui étudie les dérives sectaires, et publie chaque année un rapport très instructif
  • l’Observatoire National de la délinquance et des réponses pénales

Cette décision qui fait apparemment suite à des discussions lancées lors de l’examen d’une PPR en juin 2019 sur la « rationalisation » des 1 200 agences et opérateurs de l’Etat est un signe particulièrement négatif donné en direction de tous ceux qui travaillent sur ces questions majeures dans notre société.

Si l’objectif d’aller vers plus de clarification dans les rôles de chacune de ces missions peut s’entendre en terme d’économies des finances publiques, la décision du Premier Ministre sonne comme une provocation à l’égard de cet organisme qui réunit l’ensemble des Ministères  concernés, l’INSEE, des chercheurs, et des personnalités qualifiées et qui associe à ses recherches et à ses études sur l’origine de la pauvreté les personnes concernées par ces problématiques.

D’où le questionnement des associations et des élus : pourquoi se débarrasser d’un outil original qui fait dialoguer 2 formes de connaissance : celle de l’expérience et celle de la culture scientifique ? ne plus mesurer les symptômes n’a jamais permis de vaincre la maladie !

Ce travail d’analyse est pourtant essentiel : la pauvreté touche 9 millions de personnes en France, c’est plus de 500 000 qu’en 2018. Pourtant, une partie de ces personnes pauvres est totalement « invisibilisée » dans le champ des politiques publiques et ne fait pas partie de politiques spécifiques.

Définir la pauvreté en revenus moyens ne suffit pas, tous ceux et celles qui travaillent au plus près de ces populations le savent, les conséquences rejaillissent sur l’ensemble des existences :

  • le mode de vie et la situation d’ensemble des personnes où « rien ne va plus »
  • la privation matérielle et la privation de droits
  • les peurs et les souffrances
  • la dégradation de la santé physique et mentale
  • la maltraitance sociale et institutionnelle
  • l’isolement, les contraintes de temps et d’espace
  • les compétences non-reconnues issues de l’expérience de la pauvreté
  • le non recours aux droits.

Elaborer des actions de lutte avec les institutions et les personnes concernées doit être le fil directeur de ces politiques contre l’exclusion.

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