France Relance

France Relance

Le plan de relance présenté par le gouvernement arrive tardivement, trois mois après que le Parti socialiste a proposé un plan de rebond économique et social. Sous l’effet d’annonce de 100 milliards d’investissements, le plan gouvernemental recouvre des dispositifs variés, dont 10 % seulement sont des investissements directs. En outre, il s’agit d’un plan triennal dont seuls 30 % seront décaissés en 2021.

Si avec le groupe des députés Socialistes et apparentés nous nous réjouissons de voir certaines de nos propositions reprises, à l’image de la possibilité de coupler formation et chômage partiel, le plan de relance pose encore des questions.

C’est un plan déséquilibré. Il est centré pour un tiers sur une baisse des impôts de production, vieille rengaine patronale que le gouvernement exauce en usant du prétexte de la compétitivité, dont on sait pourtant que la fiscalité n’est pas le déterminant principal.

Cette aide massive n’est pas assortie de conditionnalités sociales et environnementales comme le proposaient les socialistes. Le ministre de l’Économie revendique avoir demandé des « contreparties » ; l’histoire montre pourtant que compter sur le bon vouloir des entreprises n’est pas suffisant. L’état par la voix de ses ministres affirme vouloir engager notre économie dans une nouvelle manière de produire dans le respect des salariés et de l’environnement, difficile de ne pas se demander pourquoi ce même gouvernement qui il y a quelques mois voulait nous engager dans une réforme de la retraite et de l’assurance chômage qui ne profitait pas à la majorité des salariés aurait, grâce à la crise changé de vision du monde.

Le plan de relance manque le rendez-vous du pouvoir d’achat, alors que la crise que nous traversons est moins une crise de l’offre que de la demande. Pour se défendre, le gouvernement a quelques arguments chocs comme la hausse du niveau d’épargne pendant le confinement. Mais nous le savons bien, cette hausse du niveau total de l’épargne n’est portée que par quelques-uns, dont le pouvoir d’achat se porte bien, elle est loin de  concerner les français les moins aisés, ceux pour qui la crise risque d’être synonyme de perte d’emploi, de précarité, de difficulté pour les 40.000 jeunes rentrant sur la marché du travail , pour tous ces français, c’est la confiance dans l’avenir qui est ébranlée.

C’est pourquoi nous demandons d’agir sur le taux de TVA, comme vient de le faire l’Allemagne, et de travailler à une meilleure reconnaissance de l’utilité sociale des métiers, car force est de constater que la reconnaissance des « premier de tranchée » n’est pas au rendez-vous ! Le gouvernement se contente que l’octroi de primes pourrait tenir lieu d’avancée sociale, où nous pensons qu’il faut vraiment repenser l’échelle des salaires qui partage encore notre société d’une manière totalement injuste.

Le plan de relance ne peut pas ignorer les premières victimes de la crise. Il se doit d’activer des mécanismes de solidarité pour les plus pauvres. Or, l’aide aux plus précaires représente moins de 1 % du plan. C’est pourquoi nous réitérons notre demande d’abroger totalement la réforme de l’assurance-chômage, repoussée au 1er janvier 2021. Nous demandons également la revalorisation des APL en tenant compte des impayés de loyer, la revalorisation du RSA dès 18 ans, ainsi qu’un moratoire sur les frais bancaires pour les plus démunis.

Le plan de relance manque le rendez-vous de la jeunesse, alors que la crise obscurcit l’avenir d’une génération. C’est pourquoi nous proposons une aide individuelle à l’émancipation solidaire (AILES), composée d’un revenu pour tous dès 18 ans (564 €) et d’une allocation de majorité à hauteur de 5 000 €. Ni l’un ni l’autre ne sont des cadeaux, ce sont les obligations d’une nation envers sa jeunesse, celle de lui donner les moyens de ne pas subir mais de construire sa vie.

Les collectivités locales, elles aussi attendent des gestes forts pour les aider à surmonter les difficultés; elles ont été comme les associations solidaires de leurs concitoyens et ont mis en oeuvre des dispositifs qu’elles n’avaient pas choisi afin de protéger les populations.  Toutefois, le plan France Relance, abonde d’un milliard d’euros la Dotation de Soutien à l’Investissement Local 

    

Et puis, il ya  le monde de la culture, tellement fragilisé par l’arrêt des activités pendant ces longs mois et qui sont toujours dans l’incertitude. pertes de chiffres d’affaire, perte de confiance aussi, et pour l’instant le compte n’y est pas. 432 millions pour le spectacle vivant, dont les conditions d’attribution doivent encore être définies, les 3 objectifs sont:

-permettre la reprise d’activité en adaptant les mesures sanitaire en vigueur,

-soutenir les entreprises privées, les artistes, les auteurs et les établissements publics ou subventionnés par un plan de relance majeur

-rétablir la confiance et favoriser le retour du public dans les salles.

Il ne s’agit pas de nier l’effort important que le gouvernement s’est engagé à faire pour soutenir les 260.000 intermittents du spectacle, même si dans le même temps, il refuse toujours de revoir sa copie au sujet des 2 millions de travailleurs intermittents dans des métiers autour de la culture et qui pour l’instant ne rentrent pas dans la bonne case, mais là aussi, d’être vigilants pour tous les secteurs en crise et d’instaurer un véritable dialogue avec les principaux acteurs.
Quant à l’enjeu climatique, chacun jugera, la transition écologique représente à peine un dixième du plan, dont 5 milliards seulement pour la rénovation thermique, loin des besoins estimés à 17 milliards annuels sur 30 ans. L’investissement dans le fret ferroviaire va dans le bon sens, à condition qu’il profite au service public du rail, point sur lequel nous serons vigilants. Pour être mené à bien, il appelle des mesures de réorientation du secteur routier. C’est pourquoi nous proposons, pour investir dans les infrastructures et atteindre 30 % du transport de marchandises d’ici à 2030, de prélever chaque année 1 milliard sur les profits réalisés par les sociétés autoroutières et d’accorder un bonus aux entreprises qui réalisent 50 % de leur transport de marchandise par rail.

Il ne suffit pas de changer de ministres pour prendre un nouveau tournant dans ce domaine comme dans d’autres, nous espérons que les promesses du gouvernement ne resteront pas au stade des incantations, car l’urgence est là, et la crise du Covid qui nous a terriblement auto-centrés sur nos difficultés ne doit pas nous faire nous détourner des enjeux essentiels . 

Au final, ce sont plus de 500 milliards que l’état a su trouver pour soutenir notre pays,  soignant de l’orthodoxie budgétaire qui semblait indépassable! Et c’est tant mieux, à la condition que le plan de relance bénéficie à une nouvelle orientation de la politique sociale, économique et culturelle de notre pays.

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