Une rentrée scolaire 2020-2021 particulière.

Une rentrée scolaire 2020-2021 particulière.

Alors que nos enfants viennent de reprendre la route de l’école, je souhaite saluer l’engagement des équipes éducatives et des collectivités locales dans un contexte sanitaire tout à fait inédit et une gestion ministérielle anxiogène.

Le refus du gouvernement de fournir les masques gratuitement aux familles, tandis que nos voisins grecs ou italiens le font dès lors que le masque est obligatoire, a contraint nos collectivités les moins riches à pallier les choix gouvernementaux.

Mais la question des masques reste mineure en comparaison de l’aggravation des inégalités constatée pendant le confinement , une situation qui inquiète les familles et les enseignants et qui ne peut rester sans réponse sous peine de pénaliser plus encore les enfants les plus en difficulté.
Il convient pour cela de s’attaquer résolument au traitement de la difficulté scolaire et nous avons, dès le mois de juin, à travers notre plan de rebond pour l’école, posé dans le débat de nombreuses propositions : renforcement du réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté, différenciation pédagogique au sein des classes pour mieux suivre les élèves selon leur niveau, sécurisation du statut et de la formation continue des AESH auprès des élèves porteurs de handicap, renforcement des moyens alloués aux Rep et Rep+…revalorisation du métier d’enseignant et concertation réelle sur les conditions de travail au sein de l’éducation nationale.

Le « Grenelle des professeurs » annoncé par le ministre Blanquer ne doit pas être une énième manœuvre dilatoire mais l’occasion de revaloriser les carrières et les salaires des personnels de l’Éducation nationale. Plus que jamais, les enseignants ont besoin de travailler dans un environnement sécurisé et reconnaissant, à la hauteur de leur niveau de qualification et de leur responsabilité sociale.

Tout n’est certes pas réductible à une question de moyens, mais sans moyens suffisants, c’est la meilleure façon de faire échouer les élèves, notamment ceux qui décrochent ou ont de réelles difficultés à suivre en classe. Et puis, mais y viendra t-on enfin un jour, et je ne cesse de m’engager pour cet objectif à l’assemblée, à quand un changement de paradigme dans l’organisation même des programmes scolaires et de la place des disciplines artistiques, qui sont, j’en suis convaincue , un moyen de re-médiation formidable à toutes sortes de freins dans les apprentissages. A quand le courage d’un ministre qui accepterait de ne plus se contenter d’un « parcours d’éducation artistique et culturelle » illusoire qui ne considère toujours pas les autres langages comme émancipateurs? la danse, la musique, le théâtre, les arts plastiques, notre seule sensibilité ne suffit pas à les appréhender, à nous en saisir, et à nous conduire vers un épanouissement de nos personnalités, de celles de nos enfants. 

Il y aurait là , si l’on acceptait d’associer les fondamentaux que le ministre nous assène sans cesse,(lire, écrire , compter et respecter autrui,) à d’autres une source de renouvellement de nos pratiques, et peut-être un véritable chemin vers un humanisme éclairé, vers une société plus sereine.

Dans les mots magiques de nos nouveaux dirigeants, le pragmatisme ne me satisfait pas, où irait le monde si nous ne rêvions plus? si nous nous contentions de nous battre pour une société du toujours plus de biens matériels, de consommation et d’individualisme? En tous cas, ce n’est pas ma conception de l’action politique, car pour changer les choses, il nous faut avoir un horizon en commun, c’est là le sens profond de mon engagement.

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