Emplois aidés, quel bilan pour les « Parcours Emploi Compétences »

Emplois aidés, quel bilan pour les « Parcours Emploi Compétences »

En janvier 2018 les Parcours Emploi Compétences (CUI-PEC) ont remplacé les anciens contrats aidés non marchands (CUI-CAE), au motif que les effets d’aubaine étaient trop nombreux et qu’il fallait recentrer les contrats aidés vers leur finalité de lutte contre le chômage. Pourtant une note de la DARES de 2017 évoque un taux de sortie positif dans l’emploi de l’ordre de 40 % dans le secteur non marchand.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les PEC ne fonctionnent pas. En 2018, un peu plus de 120 000 ont été conclus alors que 200 000 PEC avaient été budgétés. En outre, le nombre de PEC budgétés en 2019 a été divisé par deux : 100 000 PEC ont été annoncés, dont 30 000 dédiés à l’accompagnement des élèves en situation de handicap.

Par exemple, dans le secteur associatif, ces choix ont entraîné la suppression de 40 000 emplois entre 2017 et 2019. Certaines régions estiment que 20 % des clubs sportifs présents sur leur territoire ont disparu en 2018.

Pour l’Ardèche cela représente une baisse de 72%de ces contrats aidés entre 2016 et 2018, avec un effet terrible pour les associations et clubs sportifs qui en bénéficiaient.

Le monde associatif, dont le dynamisme a notamment reposé sur la possibilité de recourir aux emplois aidés, a dénoncé ce coup de rabot aveugle et général sur ces nouveaux contrats aidés version, sans concertation. Les associations ont également très mal digéré la campagne gouvernementale de décrédibilisation des contrats aidés qui a accompagné leur baisse massive.

Les raisons de l’échec des PEC sont multiples :

  • le taux de prise en charge par l’État des PEC est trop faible : de 35 % à 60 % du SMIC au lieu de 75 % auparavant) ;
  • la durée maximum des PEC est insuffisante : 12 mois au lieu de 18 auparavant ;
  • l’obligation de formation a été renforcée sans aucun moyen supplémentaire donné aux collectivités et associations ;
  • la non-adaptation des PEC pour certains publics : ils excluent les jeunes sans expérience et les séniors en fin de carrière ;
  • le facteur psychologique : la violence des annonces de l’an dernier a provoqué un traumatisme profond et constitue un frein majeur pour les employeurs.

Le secteur associatif et les petites collectivités territoriales sont les grands perdants de la réforme. Bien que 38,6 % des PEC sont signés par des associations et 22,4 % par des collectivités territoriales, soit une proportion stable par rapport aux années précédentes, la brutalité de la baisse du nombre de contrats aidés à l’automne 2017 et leur transformation en PEC au début de l’année 2018 ont été ressenties comme une onde de choc, en particulier par les employeurs de petites collectivités territoriales et du secteur associatif.

Alors que ces derniers ont, au cours de ces dernières décennies, toujours eu à cœur de recourir aux contrats aidés pour assurer une mission d’utilité sociale et améliorer le service rendu à la population, les nouvelles exigences qualitatives des PEC, non assorties de contreparties financières permettant à minima de répondre aux exigences en matière d’accompagnement et de formation, ont achevé de décourager une bonne partie de ces employeurs potentiels.

La situation des associations est inquiétante alors que ces dernières contribuent fortement à la vitalité du tissu solidaire local et accomplissent pour certaines un remarquable travail d’insertion des publics les plus éloignés de l’emploi au quotidien.

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