L’éducation de nos enfants: des choix contestables

L’éducation de nos enfants: des choix contestables

Le ministre de l’Éducation nationale a  annoncé lundi que 1 800 postes allaient être supprimés dans l’Éducation nationale en 2019. Ce chiffre représente 40 % des suppressions de postes de fonctionnaires annoncées pour 2019, bien loin de la création des 60 000 postes sous le précédent quinquennat, alors que davantage d’élèves seront accueillis encore à la prochaine rentrée.En fait, selon l’entourage du Ministre, le chiffre total des suppressions, toutes catégories confondues atteint 3.600: environ 2.600 seront supprimés dans le secondaire, 400 dans les services administratifs, 600 dans l’enseignement privé, parallèlement 1900 seront créés dans le primaire .

Cette décision est grave et compromet le redressement de l’école qui avait été initié en 2012. Contrairement aux incantations du ministre, ces suppressions vont conduire inévitablement à des classes encore plus surchargées, à des élèves moins encadrés et à moins d’adultes présents dans les établissements pour la sécurité ou la santé de nos enfants. L’ambition n’est pas là, et si ces suppressions sont justifiées par le gouvernement par  la « démographie scolaire », elles mettent en péril les rentrées scolaires jusqu’en 2021 où l’on attend 40 000 élèves supplémentaires.

Cette suppression massive de postes à l’Éducation nationale, alors que l’on sait que le nombre d’élèves par professeur et par classe en France est au-dessus des moyennes de l’OCDE, est un choix idéologique et comptable. Après les retraités, les jeunes, les collectivités ou les agriculteurs, c’est au tour de l’École de la République de compenser, dans le budget du gouvernement, les cadeaux fiscaux faits aux plus riches.

Si je partage l’objectif de renforcer les moyens du primaire, comme cela a déjà été le cas entre 2012 et 2017, et ce sur quoi s’engage aussi le ministre actuel, il n’est pas acceptable que cela se fasse au détriment de l’enseignement secondaire . Ce qui est donné aux uns et repris aux autres.

Enfin, les propositions de Jean-Michel Blanquer pour le pouvoir d’achat des professeurs ne sont que le retour de la recette sarkozyste des heures supplémentaires « travailler plus pour gagner plus », qui a déjà montré son échec. Elles vont alourdir la charge de travail et n’auront que peu d’effet puisqu’une majorité d’enseignants est déjà contrainte de faire des heures supplémentaires. C’est méconnaitre les enseignants et leurs problématiques que de penser que leur revendication principale est celle de cumuler plus d’heures; que ce soit en REP + où les équipes voient leurs heures dédiées à de la coordination transformées en heures de cours par manque de moyens, en LP ou en collèges et lycées où, à chaque rentrée, les équipes se voient confiées de nouvelles missions ; c’est la reconnaissance de leur engagement par des moyens qui leur permettent de travailler autrement que les enseignants demandent.

Lors des débats budgétaires, qui débuteront dans les prochaines semaines, dés que mon état de santé me le permettra,  je me mobiliserai particulièrement sur cette question.

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