Retour sur ma cérémonie de voeux à Arras

Retour sur ma cérémonie de voeux à Arras

Un immense merci pour votre présence nombreux hier à Arras Sur Rhône pour ma cérémonie de vœux.
Revenir sur une année 2018 riche en textes et en débats à l’assemblée nationale. Une année 2018 pleine d’enthousiasme et de rencontre en Nord Ardeche! Porter la voix des citoyens du Nord Ardèche jusqu’à l’Assemblée Nationale est une chance et participer avec tous ceux et toutes celles qui s’engagent à la construction d’un monde plus solidaire, plus fraternel une nécessité.

Le discours que j’y ai prononcé:

Merci à vous tous et toutes ce soir qui me faites l’amitié et l’honneur de votre présence à cette cérémonie de voeux pour laquelle beaucoup d’élus se sont excusés; difficile de trouver en janvier un moment qui puisse convenir facilement, et pour tout vous dire, si j’ai choisi d’avancer la date de ces voeux c’est pour garder un peu de temps pour ma fille Jeanne qui aura 18 ans le 24 janvier, et qui a dû apprendre à grandir avec la présence de sa maman en pointillé… je l’embrasse fort ce soir.

Alors, oui, merci de votre présence, et je tiens à saluer tout d’abord 

-Françoise Souliman, Préfet de l’Ardèche depuis fin novembre et la remercier pour son écoute depuis le premier jour de son arrivée, pour sa disponibilité et pour le regard particulièrement confiant qu’elle semble déjà porter à notre beau département, 

-Bernard Roudil, sous-préfet de notre arrondissement, très sollicité tout au long de l’année pour aider les élus à se saisir des dispositifs et constamment sur le terrain pour entendre les demandes des maires et leur apporter le conseil précieux dans la réalisation de leurs projets,

-Laurent Ughetto, Président de notre département, évidemment, que je remercie vivement de donner au nord Ardèche la place qu’elle mérite, et d’avoir initié cette semaine de la transition qui essaie de préfigurer ce que pourrait être l’Ardèche de nos enfants et petits-enfants, je suis heureuse de partager avec lui et les VP qui l’accompagnent ce soir, Stéphanie, Brigitte Denis, Maurice l’enthousiasme pour la chose publique, la force de l’engagement et la volonté de construire l’Ardèche de demain.

Merci aux présidents de communauté de C et d’agglomération qui ont pu se libérer ce soir, Frédéric, Simon et à tous les maires de nos 93 communes qui ont pu jongler ce soir avec un agenda chargé.

 Nos communes restent pour nous tous et dans un département où la ruralité est le quotidien de beaucoup d’entre nous, le maillon le plus fort du lien démocratique, le lieu où naissent nos projets de vie et où le plus souvent ils se concrétisent ; le pouvoir d’attraction de nos communes n’est plus à démontrer et les chiffres sont là pour le dire : nos communes gagnent chaque année en nombre d’habitants, les projets d’aménagements se multiplient et embellissent nos villes et villages, mais la mission est exigeante et comme cela a été évoqué au congrès des maires de l’Ardèche par leur président M.Weiss, ces dernières années ont vu grandir un sentiment d’incompréhension entre les élus municipaux et le gouvernement, le pouvoir central: ce sentiment d’abandon quelquefois grossi par des décisions mal expliquées , des inégalités territoriales qui finissent par devenir fractures territoriales mais aussi par un fonctionnement de nos institutions trop pyramidale et centralisateur qui consiste trop souvent à décider d’abord et à débattre ensuite, des millions d’euros en 2018 sont venus de l’état ,3M en nord Ardèche au titre de la DETR, de la région,  du département, dans la mesure de ses moyens, de la région, des inter-co au travers des nombreux dispositifs d’aide aux communes, mais pourtant ces chiffres  ne parviennent pas forcément à atténuer les dommages que causent l’éloignement de services publics, l’empilement des normes et des règlements et les contraintes si nombreuses auxquels les élus doivent faire face alors que leurs avis sont bien souvent négligés. Ces milliers d’euros redistribués par la puissance publique ne peuvent remplacer les lieux de rencontre véritables entre êtres humains, que le tourbillon d’un environnement numérique virtuel ne peut et ne pourra jamais remplacer.

J’ai aussi beaucoup de plaisir à accueillir la Commandante Cazorla, qui dirige le groupement de gendarmerie du Nord Ardèche avec une autorité et un sens de la relation particulièrement admirable, merci à vous et vos officiers et sous-officiers présents ce soir, qu’il me soit permis en cette nouvelle année de vous souhaiter toute la réussite dans vos missions, et de vous témoigner ma plus grande reconnaissance pour votre engagement aux côtés de chacun et chacune, au quotidien ; de la même manière, j’adresse les mêmes remerciements et les mêmes voeux aux policiers, au Capitaine Ployon, chef de centre de la caserne d’Annonay et aux sapeurs-pompiers présents ce soir, aux représentants de la protection civile ; dans une société où les tensions sont particulièrement sensibles allant jusqu’à des affrontements violents, je veux vous dire mon soutien respectueux. La violence est un langage qui ne permet aucun échange, et ne répare rien des souffrances qu’elle tente parfois d’exprimer.

Mes meilleurs voeux de bonheur, d’engagement et de réussite à vous tous président-tes, et bénévoles d’associations culturelles, d’éducation populaire, sportives, humanitaires et patriotiques, nombreuses et dynamiques dans tout le territoire, (1245 dossiers d’association, soit + 20% en 3 ans si j’ai bien noté les informations de monsieur le sous-préfet) associations qui malgré des difficultés de fonctionnement continuent à mailler notre territoire. La perte pour certaines d’entre elles d’emplois aidés en 2018 qui les aidaient à se structurer, et dans une moindre mesure la disparition de la réserve parlementaire, remplacée par le FDVA ( par parenthèse, je n’ai pas encore compris en quoi il était plus transparent que ne l’était la RP, ni si au final et compte tenu de la réaffectation d’un pourcentage vers la DETR elle correspondait au 130.000 euros que chaque député répartissait chaque année entre les différents porteurs de projets de son territoire, je pense aussi que l’instruction des dossiers méritait probablement d’être améliorée pour permettre à tous de la solliciter); car la vie associative a cela de particulier qu’elle nous concerne tous, qu’elle touche à tous les aspects de nos existences et que depuis 1901, elle permet à la société civile de prendre le relais des politiques publiques et d’insuffler partout en France l’enthousiasme, la diversité et la solidarité .

S’il fallait ne prendre qu’un exemple de la convergence que les associations sont capables de faire naitre, je prendrai celui de la commémoration du centenaire de la première guerre mondiale qui a donné lieu dans tous nos villages à des manifestations originales, émouvantes et qui ont su rassembler des publics souvent peu communs ; à vous bénévoles et les salariés de ces associations je redis mon soutien.

Et puis bien-sûr il y a aussi présents ce soir tous ceux et celles qui servent nos services publics, enseignants, agents administratifs particulièrement mis à contribution par les récentes réformes, fonctionnaires territoriaux dont on a trop souvent tendance à minimiser la compétence, agents de la fonction publique hospitalière, qui au-delà de leur mission première de soin entendent mieux que personne la demande d’humanité et de présence dans un quotidien où les enjeux d’économies budgétaires et les règles comptables viennent trop souvent contredire avec brutalité et absurdité les principes mêmes de notre vivre ensemble. Que répondre à nos concitoyens lorsqu’ils nous racontent leurs difficultés jour après jour pour accéder à des services publics non pas par le biais de leur ordinateur mais en face à face avec des êtres humains ? Comment comprendre que dans notre société gangrénée par le chômage et ses conséquences désastreuses, on ne fasse pas davantage le choix de la proximité, d’une place retrouvée pour les hommes et les femmes accidentés de la vie, précarisés, fragilisés ?

Ne pas mettre en face des personnes en difficulté à des moments de leur existence d’autres personnes, c’est laisser sur le bord d’un chemin  bon nombre de nos habitants qui ne peuvent pas, ou ne souhaitent pas vivre branchés 24h sur 24 sur un tel portable, un ordinateur (à condition de pouvoir accéder au réseau, mais de cela, nous aurons l’occasion de reparler) Ces personnes, nous les voyons, elle m’écrivent, viennent à la permanence et nous disent leur désarroi, nous posent toujours la même question : ils ne comprennent pas la haut ce que nous vivons? Le comprennent-ils vraiment ?

Évoquer la fonction publique, c’est évidemment s’adresser au monde de l’éducation ce soir, et j’y reviendrai dans un instant, puisque vous le savez, je ne l’ai quitté que pour une mission plus grande, celle de vous représenter à l’AN. Et cette question que je me pose souvent, Suis-je plus utile d’ailleurs au palais Bourbon que dans ma salle de classe ? 

Merci à Paul Barbary, président du conservatoire Ardèche musique et danse de sa présence et de son engagement auprès de ce bel outil de démocratisation culturelle, la culture n’est pas également partagée, pratiquée, il y a là un enjeu majeur de transformation et d’émancipation des individus auquel je suis viscéralement attachée et que je ne cesserai de défendre à l’assemblée.

Puisque je tente de m’adresser à tous ceux et celles qui font la richesse de notre territoire, je remercie aussi Cécile Gruas, présidente de la fédération du BTP Ardèche drome, secteur économique qu’impactent fortement là aussi les politiques publiques et la capacité de nos territoires à porter des projets. A-t-elle, aux chambres consulaires et d’agriculture, à nos artisans, à nos commerçants et aux entrepreneurs qui sont souvent les partenaires de notre réussite je souhaite la meilleure année possible.

Et bien-sûr, je ne pourrais terminer cette liste de voeux sans avoir un mot pour tous ceux et celles qui sont en lien avec le monde agricole, beaucoup d’installations de jeunes agriculteurs en Ardèche, de projets autour du développement d’une production et d’une alimentation plus saine, dans des circuits plus courts capable d’éviter les trop nombreux scandales sanitaires, et de garantir aux exploitants agricoles un revenu décent. Ils sont les garants de l’existence de nos paysages, de nos lignes d’horizon dans les petits matins frileux de nos existences. Ils ont eux aussi besoin d’un soutien renouvelé et concerté des responsables politiques. L’eau et la terre sont aussi des biens communs qu’il nous faut protéger et chérir.

Je salue aussi et enfin le 1er secrétaire du PS, Philippe Finiels, car oui, je vous le confirme, il reste encore des socialistes de ci de là, aux cotés souvent d’un plus petit groupe encore de la gauche démocratique et républicaine et vous le savez, malgré les échecs, les erreurs, les victoires aussi malgré l’impossible équation dans laquelle la mondialisation des capitaux, de la production de richesse, des progrès comme des inégalités nous plonge en l’absence de contre-pouvoirs suffisamment forts pour engager des politiques radicalement différentes , malgré la jubilation des médias parisiens à considérer que ce parti n’existe plus, il reste au Palais Bourbon un groupe de 30 députés socialistes et apparentés qui ne cessent de débattre, de proposer, de s’opposer aussi et d’affirmer leur engagement ; depuis des mois nos groupes ont alerté sur la drôle d’ambiance que nous ressentions sur nos circonscriptions et finalement, c’est à partir d’une revendication sur le prix des carburants et la perte du pouvoir d’achat de nombreuses familles dans nos zones éloignées des centres que nous nous retrouvons face à un ensemble de revendications tellement plus larges: la fin des privilèges, plus de justice sociale, plus de démocratie réelle, plus d’écoute et de respect , bref, c’est aujourd’hui la sensation que tout doit être mis sur la table, qu’il ne peut y avoir de sujets tabous, ou chasse gardée du Président. Nous avions fait des propositions pour corriger la trajectoire punitive de la transition telle que proposée par le ministre, comment réussir à réintroduire cette question essentielle si nous ne nous donnons pas les moyens de repenser entièrement la fiscalité, et plus particulièrement la fiscalité écologique ? Nous avons mis en ligne une pétition pour demander l’organisation d’un référendum d’initiative populaire, inscrit dans nos textes afin de reparler de l’ISF, point symbolique dont la portée ne semble pas émouvoir ce gouvernement.

C’est à cette famille que j’appartiens, avec la volonté de vous représenter sans frontières, de porter votre voix d’où qu’elle vienne, dans la recherche de l’intérêt général porté par nos valeurs républicaines. Je ne crois pas contrairement aux députés de la majorité au pragmatisme comme philosophie politique, et à la construction au coup par coup d’un monde nouveau. Je crois à la force des utopies, à la richesse de la confrontation entre nos rêves et les réalités. Je suis encore socialiste.

Alors je me dis que ces soirées de voeux sont un peu là pour nous rassurer, pour nous aider à formuler non seulement la réalité des choses mais aussi et surtout peut-être ce que nous aimerions qu’elles soient ! Et même si les constats que nous sommes obligés de faire ne poussent pas forcément à l’optimisme, ces mots que l’on dit, ces magnifiques citations que l’on déniche pour l’occasion, c’est ce que j’aime le plus en janvier, sur vos cartes et sur FB, l’expression toujours renouvelée que la pensée humaine, de tous temps a toujours su produire : des paroles d’espoir, de combat, de beauté, de fraternité, en bref d’humanité, comme les voeux de Jacques Brel qui ont tourné sur les réseaux sociaux, ou tous les discours que vous maires et élus avaient faits, parce que ce sont les mots qui portent nos idées, et qui nourrissent nos actions, pour tout cela ces moments de tradition ont leur importance. Ils nous permettent d’unir nos efforts, d’aller à la rencontre de nos convictions et de nos doutes, avec la force que donne la volonté mise au service du collectif et cela est essentiel.

Alors, venons-en au fait ! faire un bilan d’une action de députée, n’est pas chose si simple ! l’action de la députée ne se décline pas en termes de réalisations concrètes et chiffrables, au contraire de celles que vous, élus de proximité, menez.

Cela fait Un an déjà, et je continue d’avancer en essayant d’articuler au mieux le travail en circonscription, sur le terrain comme aiment à dire les journalistes que je remercie pour leur présence ce soir, et la mission pour laquelle au fond nous sommes élus : faire et contrôler la loi ! Vaste programme, et surtout comment vous parler de ce bilan sans dérouler au risque de vous barber mon activité ? avec des pourcentages sur ma présence ici et là-bas, sur le nombre de questions écrites et orales posées, sans dresser un catalogue un peu prétentieux et inutile de mes interventions, de mes déplacements, des heures passées à la permanence, en réunion ou à paris ? Et même si je me livrai à cet exercice, comment convaincre ceux qui ne les sont pas que la tâche d’un député est trop vaste pour satisfaire l’entendement, comment expliquer que l’on puisse poser une question à un ministre dans le cadre des « questions sans débats » à un ministre qui sera probablement absent et représenté par un secrétaire d’état ou un collègue sympa un matin dans un hémicycle vide puisque tous les autres députés siègent au même moment en commission, ou en auditions tout au long de la semaine? Comment vous décrire la semaine d’un parlementaire sans avoir l’air de vouloir s’excuser de ne pas arriver à tout faire ? Pourtant il en est ainsi. Un parlementaire siège dans une commission, et il lui est vivement conseillé de se spécialiser, de ne pas chercher à s’intéresser à tout ! Imaginez la frustration de devoir choisir entre une audition avec des représentant d’entreprises adaptés pour les personnes handicapées, un débat sur les orientations budgétaires de la SS, une magnifique exposition sur le cubisme au centre Pompidou, ou une rencontre avec l’ambassadeur du RU en France pour évoquer le Brexit ! Vous en conviendrez, le choix est cornélien, et je ne vous parlerai même pas des nombreux petits déjeuners et diners auxquels nous sommes conviés pour débattre ,débattre de développement durable, de gestion de l’eau, de la radicalisation, des ravages de la guerre au Yémen ou de la place des politiques culturelles en région? invitations que j’ai pour l’instant toujours refusées, par manque de temps bien-sûr mais aussi pour éviter la tentation de ce qui pourrait de près ou de loin ressembler à une prise d’intérêt. Heureusement il me reste de temps à autre le temps d’un débat sur la guerre d’Algérie, d’une rencontre avec des femmes parlementaires marocaines, la projection du documentaire poignant de …et même des déplacements à londrès ou à Berlin pour rencontrer des collègues européens.

Pourtant, je le sais, ces sujets me seront posés au cours de mon mandat, ils ont tous pour les uns ou les autres une importance majeure et sont légitimes. 

J’ai pour ma part donc pu choisir en arrivant à l’assemblée de siéger à la commission éducation et culture, en phase avec mon domaine de compétences et d’intérêt, avec l’ambition de pouvoir porter au parlement la voix d’un monde éducatif et culturel passionnant et passionné et en proie à beaucoup de doutes, de difficultés. Parler au ministre de ces enseignants « normaux » qu’il ne rencontre que de temps à autre et dans des conditions tellement cadrées, un peu comme le grand débat du Président…échanger avec ses équipes et les autres parlementaires de l’épuisement grandissant de ces profs qui demandent de la respiration et du temps et à qui l’on propose en retour des heures supplémentaires ! Faire remonter les difficultés d’un monde de l’éducation à qui l’on demande de réparer tout ce que la société peine à réussir : l’envie d’apprendre, la capacité à penser autrement le monde, la capacité à faire des choix en toute connaissance et en toute indépendance d’esprit, la lutte contre les fausses informations, et l’épanouissement de chacun et chacune.

Après avoir débattu en commission de la réforme du bac, de l’enseignement professionnel, sans que cela ne donne lieu à un véritable débat dans l’hémicycle puisque ces textes ne sont que réglementaires, nous commencerons à débattre la semaine prochaine d’une loi sur l’école de la confiance. Pas sûre que les propositions du ministre ne solutionnent la crise des vocations et du recrutement des enseignants, ni qu’elle permette de redéfinir la mission des enseignants dans un contexte éducatif totalement bouleversé, pas sûre non plus que l’objectif affiché de ce texte de scolariser tous les enfants de 3 ans, ne produise pas à contrario un résultat inverse et des difficultés pour les communes qui depuis longtemps ont intégré les 2 ans et plus dans leurs classes. L’exigence d’une école laïque et gratuite capable d’instruire et d’éduquer nos enfants doit prévaloir mais je me dis que la confiance ne peut pas se décréter, même par le plus populaire de nos ministres, qu’elle ne peut être que le résultat d’un dialogue ouvert et sincère, et d’une construction repensée de nos systèmes d’éducation, en cherchant plutôt à renforcer la représentation syndicale qu’à l’ignorer en la décriant.

En matière d’éducation, comme dans beaucoup d’autres domaines, nous avons je crois encore beaucoup à apprendre du débat démocratique, et de l’intérêt d’entendre la parole de l’autre, à se saisir des enjeux qui pourraient être portés dans de nouveaux espaces de discussions et d’échanges et qui réhabiliteraient le collectif avec l’impérieuse nécessité de se respecter ;

Mais il y a dans cette frénésie à faire encore et toujours plus de lois, en feignant d’ignorer qu’elles n’ont pour beaucoup d’entre elles pas eu le temps d’être évaluées, d’être réellement confrontées à leurs objectifs, un excès de confiance de la représentation nationale et un déficit d’échange citoyen qui m’interroge. Le travail du député, parce qu’il vous représente consiste bien-sûr de relayer les préoccupations de ceux et celles qui ont lui ont fait confiance, et c’est bien cette articulation entre les voix diverses qui font un territoire et la transcription qui en est faite en terme de textes auxquels nous devrons nous confronter et nous soumettre, qui est au coeur de notre mission et je le pense aussi au coeur du débat qui bouleverse depuis des semaines notre société. Et je peux vous le dire, j’ai bien conscience à chaque moment passé à l’assemblée de l’immensité de la tâche qui est la nôtre, je sais toutes les réponses que nous ne donnons pas, et toutes les attentes que nous décevons. Comment peut-on en même temps se donner des outils pour un plus juste partage des richesses dans une économie mondialisée où les contre-pouvoirs historiques ont disparus ? Comment recréer des communautés à taille humaine quand toutes nos structures administratives ne font que grandir ? Comment lutter contre la solitude de tant de nos concitoyens et leur apporter la juste solidarité et dans le même temps traiter la parole populaire avec tant de condescendance, d’arrogance, de légèreté quelquefois ? Peut-être avons-nous trop tendance à confondre les moyens et les buts, et finalement, que nous soyons élus de la nation ou des territoires, à ne pas trop savoir que faire du débat citoyen ; dans un monde qui valorise l’individu et la réussite personnelle, les trajectoires collectives sont plus lentes à construire, mais pourtant que ce soit pour aménager de manière harmonieuse et durable notre territoire, pour trouver des réponses concrètes  à la terrible problématique du réchauffement climatique, pour innover, pour entreprendre, pour créer, pour soutenir, accompagner, y va-t-il d’autre chemin que celui qui rassemble nos énergies, porte nos utopies et nourrit notre engagement personnel et collectif avec la volonté farouche de ne pas accepter le monde tel que l’on nous le donne à voir, rabougri, emprisonné dans des visions matérialistes et sans avenir. Comme vous tous ici ce soir, je veux porter un regard conquérant sur le monde, je veux continuer à faire vivre les valeurs de notre république, celles d’une société plus juste, d’une république laïque où les principes de liberté de pensée et d’expression demeurent intangibles, d’une société plus fraternelle et qui sache donner à chacun à travers la culture et l’éducation les moyens de sa propre émancipation pour construire un monde meilleur. Je crois vous l’avoir bien souvent dit, et je le pense très fort, nous ne pouvons faire front qu’en reconnaissant à chacun et chacune sa place unique; le rôle que nous pouvons jouer, les engrenages et les fatalismes que nous essayons sans cesse de rompre, parce qu’il n’y aurait rien de plus absurde que de pas mener les combats qui nous font grandir, de quitter ce monde sans avoir cherché à atteindre l’inaccessible étoile, celle qui nous fait oublier que nous ne faisons que passer et que nous n’avons pas le droit de gaspiller le temps, la terre, le rêve et l’amour.

Je le répète, notre territoire est attractif, les chiffres le montrent, de nouveaux habitants dans nos villes et villages, une foison d’initiatives venant d’horizons différents, et un sentiment d’appartenance qui n’a rien de répréhensible, nous nous sentons accrochés à ce territoire comme nous savons faire partie de cette grande et déroutante humanité.

Dans quelques mois un vote sur l’Europe, cette Europe libre et protectrice pour laquelle tant de citoyens se sont engagés avant nous et qui semble aujourd’hui incapable de faire renaitre l’enthousiasme: mais ne nous y trompons pas, et peut-peut-être que la tempête dans laquelle les renoncements ont poussé une petite majorité d’européens à défier cette institution au point de vouloir en sortir, le repli nationaliste ne peut pas être une réponse à nos égoïsmes, et pour ne prendre qu’un seul exemple, ce que l’on nomme la crise migratoire et derrière laquelle nous oublions la souffrance silencieuse de milliers de migrants, de personnes qui demandent, pour bien des raisons, à pouvoir choisir le lieu d’un refuge sur terre, cette crise ne peut avoir de résolution en dehors d’une prise en compte à minima européenne, et pourquoi pas planétaire? Les institutions internationales existent pourtant, faibles et qui ne peuvent que chuchoter tant nos revendications d’enfants gâtés font du chahut ! et c’est comme si nous attendions le déluge pour réagir et chercher ensemble des pistes de reconstruction pour ce beau projet européen.

Alors j’en reviens au bilan, ce qui m’intéresse dans le travail du législateur ce n’est pas qu’un texte porte un jour mon nom ou se retrouve sur les étagères de la magnifique bibliothèque de l’assemblée, ce n’est pas de compter le nombre de vues et le buzz qu’aurait fait telle ou telle vidéo dans le théâtre bruyant des QAG,  

Mais tout simplement de pouvoir me dire que j’aurais à travers vos projets ambitieux, nos rencontres, nos échanges et certaines de vos colères sincères, de vos succès, porté un peu de votre vision des lendemains, de notre combat ….

Avoir répondu à une demande de transparence et à une exigence d’exemplarité, ou du moins de morale politique, cela ce n’est pas si compliqué !

Je ne sais pas si c’est finalement trop ou trop peu, ce que je sais c’est que je dois la force de mon engagement à ceux qui ont été à mes côtés, qui le sont et m’entourent au quotidien, alors c’est le moment de vous présenter une nouvelle fois ma petite équipe, une petite équipe assez stable, 

Pascaline que vous avez l’occasion d’entendre lorsque vous appelez la permanence, pour tous les problèmes concernant les personnes et les cas individuels, Pascaline s’occupe par exemple des douloureux dossiers des exilés, réfugiés qu’elle connaît sur le bout des doigts, c’est elle aussi qui bien souvent passe des heures pour démêler des dossiers de personnes désespérées qui viennent nous parler de leur perte de revenus, du reste à vivre avec lequel ils ne peuvent plus vivre, de situations ubuesques avec des administrations chichement dotées en personnel, de leur sentiment d’abandon et de solitude. Elle a aussi la lourde tâche de gérer mon agenda sur la circo, et elle pourra vous le dire, c’est quelque chose qui demande de l’attention mais surtout beaucoup de tact lorsqu’il s’agit de décliner des invitations ou de reporter des RV plusieurs fois de suite… Cela arrive fréquemment. 

Matthieu que tous les maires de la circo connaissent puisqu’il s’occupe plus particulièrement des relations avec les différentes collectivités, là aussi, pas toujours facile car les informations concernant les subventions et les dotations ne sont pas toujours à la hauteur de vos attentes, et que monter un projet, ça n’est jamais simple !

Et un nouveau venu depuis la fin décembre dans l’équipe, Grégoire qui nous fait ce soir la gentillesse de laisser sa petite famille à Orléans pour être avec nous, Grégoire remplace donc Martin qui était là l’année dernière, Grégoire m’assiste à l’assemblée dans mes très nombreuses activités parlementaires.  La collaboration que nous établissons est évidemment un élément essentiel de mon travail. Merci à tous les trois de leur jeunesse, de leurs sourires, merci de me rassurer souvent, de m’alerter, en bref, d’être à mes côtés.

Il y a finalement toutes les raisons en cette nouvelle année 2019 d’être optimiste, ou pessimiste, cela dépend des chiffres et les statistiques sur lesquels on s’appuie, de notre quotidien, de notre environnement, du chemin que l’on a déjà parcouru mais j’ai une certitude, que le monde ne sera que ce que nous aurons tenté qu’il devienne, que le reflet de notre capacité collective à refuser la misère, à nous tenir debout.

Voilà, Alors après ce long discours auquel je ne vous ai pas habitué je crois, et avant de conclure en vous souhaitant une très belle année 2019, mes derniers remerciements vont à 2 artistes de notre territoire, Didier et Sallie Mollon qui ont régalé je l’espère vos mirettes. A la grisaille de l’époque, je préfère la recherche de la beauté, merci à eux.

Et puis parce que sans Albert Camus le monde ne serait pas tout à fait le même, ces derniers mots, que je lui emprunte et que je vous adresse du fond du coeur :

« L’amitié est la science des hommes libres »

Puisse cette nouvelle année nous en convaincre.

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