Un plan pauvreté moins ambitieux que le plan richesse

Un plan pauvreté moins ambitieux que le plan richesse

Le jeudi 13 septembre, le Président de la République a présenté son plan pauvreté après avoir reporté plusieurs fois sa présentation.

Assistons-nous à une « révolution du modèle social »,  comme aimerait le faire croire le Gouvernement ?

Non, les mesures annoncées par le Président prolongent en réalité celles que nous avions créées lors du précédent quinquennat. C’est le cas notamment du dispositif « zéro chômeurs de longue durée » ou de l’extension de la Garantie jeunes.

Mais surtout, c’est le manque de moyens de ce plan pauvreté qui inquiète. Le gouvernement prévoit de lui consacrer 8 milliards d’euros en 4 ans. Faut-il rappeler que la suppression de l’ISF coûtera, elle, sur 4 ans, 16 milliards ?

Enfin, ce plan pauvreté intervient après un an d’action du gouvernement. Quelle logique à annoncer un plan pauvreté lorsque l’on baisse les APL dont un tiers des bénéficiaires vit sous le seuil de pauvreté ? Quelle sincérité dans l’annonce d’un plan pauvreté lorsque l’on décide de geler les aides sociales ? Comment prétendre se préoccuper de nos aînés les plus démunis quand le gouvernement ponctionne la CSG des retraités modestes ?

Les effets de la politique d’Emmanuel Macron c’est l’aggravation des inégalités.

Face à la confusion des chiffres, rectifions les choses : le plan pauvreté d’Emmanuel Macron, c’est 25% de moins (soit 2,4 milliards €)  que celui de François Hollande

À la suite de la publication du « plan pauvreté » par le Président de la République, les commentateurs se sont livrés à un exercice de comparaison chiffrée, quitte parfois à s’emmêler les pinceaux entre des données annuelles et des trajectoires pluriannuelles.

Or pour que l’exercice soit juste, il faut comparer des choses comparables:

Le plan pauvreté sous le quinquennat Hollande était de 10,4 milliards d’euros pour les années 2013 à 2017 soit  2,6 milliards d’euros par an.

Le plan pauvreté sous le quinquennat Macron est de8 milliards d’euros pour les années 2019 à 2022 soit 2 milliards d’euros par an.

En outre, ces 8 milliards d’euros ne sont pas que de l’argent frais. C’est le cas par exemple des 125 millions d’euros affectés aux mesures en faveur du logement des familles qui étaient déjà prévus dans le cadre du plan « Logement d’abord » de septembre dernier ; ou encore de la montée en charge de la Garantie jeunes qui était déjà prévue par le Grand plan d’Investissement de 2017 et dont le financement est par ailleurs largement garanti par des fonds européens.

Notons enfin que ce plan pauvreté ne vient pas en plus mais compense dans une large partie des économies déjà réalisées: 5 milliards d’euros avec le non revalorisation des retraites, 1,5 milliards d’euros avec le gel des prestations familiales et 350 millions avec la baisse des APL…. Soit 7 milliards d’économie liées aux non revalorisations !

Le « plan pauvreté » du gouvernement c’est donc 2 milliards d’euros par an d’investissement pour 7 milliards d’euros par an de coupes budgétaires sur des mesures visant à lutter contre la pauvreté.

Étude de l’INSEE sur le niveau de vie : un quinquennat 2012-2017 placé sous le signe de la justice sociale

L’Insee a publié mardi 11 septembre son étude sur les niveaux de vie en France en 2016. Elle confirme que la politique mise en œuvre sous le précédent quinquennat a permis une réduction notable des inégalités.

Quatre points principaux sont à retenir.

Le niveau de vie médian des Français est revenu à son niveau d’avant-crise, en 2008. Il avait continuellement diminué de 2009 à 2013. Les choix fiscaux et budgétaire votés par la majorité socialiste ont permis d’inverser cette tendance de 2013 à 2016 et d’effacer l’héritage des années Sarkozy.

La hausse du niveau de vie a principalement concerné les 30 % des Français les plus modestes (+ 1,5 % entre 2015 et 2016), notamment grâce à la mise en œuvre de la prime d’activité à partir du 1er janvier 2016.

Les inégalités de vie ont diminué du fait d’un rétrécissement (-0,08 point) des différences de niveau de vie entre les Français les plus modestes et les Français les plus aisés.

Le taux de pauvreté s’est réduit en 2016 (14 % de la population, soit -0,2 point par rapport à 2015), ce que l’Insee explique également par le lancement de la prime d’activité.

L’étude de l’Insee met donc en évidence le fait que les choix politiques du précédent quinquennat ont été placés sous le sceau de la justice sociale.

Malheureusement, il y a fort à craindre que les choix fiscaux et budgétaires de l’actuel gouvernement, en faveur des plus riches, marquent une rupture avec ceux pris entre 2012 et 2017. Un renforcement des inégalités est à craindre.

 

 

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