La position du groupe Socialistes et apparentés sur la réforme des retraites

La position du groupe Socialistes et apparentés sur la réforme des retraites

Voici une semaine que le projet de loi visant à instaurer un nouveau régime de retraite dit « universel » est soumis au débat parlementaire. Qu’en est-il ?

Dès son arrivée au sein de l’hémicycle, la majorité n’a cessé de dénoncer « l’obstruction parlementaire » menée par notre opposition, jugée anti-démocratique. Ces 41 000 amendements sont pourtant bien au contraire la preuve de la vitalité de notre démocratie. En tant que députée, le dépôt d’amendements est l’un de nos principaux droits. Il s’agit de la forme d’expression principale de notre droit d’initiative parlementaire. Il permet de modifier un texte de loi en supprimant, complétant ou encore en rédigeant une disposition relative à ce dernier.

La Ve République étant un régime déséquilibré au profit du pouvoir exécutif, user de ce droit, notamment dans le cadre de ce projet de loi que nous considérons comme injuste et dangereux pour des millions de Français, nous paraît essentiel.

Alors même que Richard Ferrand, actuel président de l’Assemblée nationale, affirme dans son dernier livre : « Le débat politique manque souvent de profondeur et de cette lenteur propice à l’écoute et à la réflexion autonome »[1] L’exécutif semble empressé d’effectuer une refonte complète du système des retraites.

Comment ne pas rappeler que la « procédure accélérée » est devenue sous ce gouvernement la norme d’examen des textes législatifs. Celle-ci réduisant la possibilité d’émergence d’un réel contre-pouvoir, affaiblissant notre démocratie.

Comment ne pas rappeler que nous n’avons eu que deux semaines d’analyse en commission spéciale pour alors 22 000 amendements. Ce délai resserré a entraîné sans surprise l’arrivée du projet dans l’hémicycle, le 17 février dernier, sous sa forme gouvernementale.

De plus, l’exécutif désireux de faire adopter le texte en première lecture laisse entrevoir l’usage du 49.3 d’ici la fin de semaine, pratique qui affaiblirait une nouvelle fois notre démocratie.

Enfin, comment ne pas rappeler que des milliers de Français ont défilé dans la rue depuis le 5 décembre dernier, protestant contre une réforme dont ils ne veulent pas. Le gouvernement nonobstant ce mécontentement semble avoir trouvé pour seule réponse la pratique d’un mépris des institutions démocratiques.

Face à ces différents constats, nous avons mis en place un site internet dans le but de permettre l’accès à toutes et tous à un débat parlementaire de qualité, accessible et transparent : debat-retraites.fr

Ainsi, par ce site, vous aurez l’accès au projet de loi, aux comptes-rendus des débats quotidiens, à des entretiens avec des intellectuels et des travailleurs afin de mieux saisir les enjeux de cette réforme ainsi qu’à un décryptage des propositions du gouvernement.

[1] Ferrand (R.), Nos lieux communs : petit traité républicain à l’usage des démocrates, 2020.

 

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