Un plan pauvreté qui déçoit

Un plan pauvreté qui déçoit

Depuis plusieurs semaines, nous prenons connaissance de chiffres qui donnent le vertige.

840 000 emplois auront été détruits d’ici à la fin de l’année. Le nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire a bondi de 30 % depuis le mois de mars. 1 000 000 de Français vont basculer dans la pauvreté à cause de la crise sanitaire. 

En faisant ces derniers jours plusieurs annonces sur le plan social, le gouvernement semble enfin prendre conscience de l’insuffisance de son plan de relance et du budget actuellement en débat au Parlement. Mais en plus d’être trop tard, c’est trop peu !

Samedi, le Premier ministre a annoncé de nouvelles mesures en faveur des plus précaires, pour plus de 700 millions d’euros. Certaines de ces mesures sont les bienvenues mais 700 millions c’est bien peu comparé aux 100 milliards d’euros du plan de relance, aux 20 milliards de baisses d’impôts de production décidées pour les entreprises :

  • Nous regrettons que le gouvernement refuse toujours d’augmenter les minima sociaux. Lors de la sa création le RSA représentait 50% du SMIC, aujourd’hui il ne représente plus que 39% du SMIC du fait de ses trop faibles revalorisations. Refuser d’augmenter le RSA dans une période où de plus en plus de Français doivent y avoir recours pour survivre est incompréhensible. L’insertion par l’économie proposée par le gouvernement est une des réponses mais elle ne suffira pas à absorber la pauvreté ;
  • De plus, le gouvernement n’apporte toujours aucune réponse à ces étudiants qui ont perdu le petit job qu’ils occupaient dans un bar ou un restaurant pour payer leur scolarité, à ces nouveaux diplômés qui ne trouvent plus aucune offre d’emploi, à ces jeunes précaires qui ne trouvent plus de mission d’interim…Les jeunes ont été les premières victimes de la crise, ils seront les derniers à profiter de la reprise. Nous demandons un “minimum jeunesse” comme il existe un « minimum vieillesse » ;
  • Enfin, cette crise est un ultimatum social. Applaudir nos infirmières et nos caissières à 20 heures est une reconnaissance du cœur, elle ne saurait suffire et doit nous conduire à reconsidérer durablement la hiérarchie de nos valeurs et de nos priorités. Il n’y a aucune réponse structurelle dans les annonces du Premier ministre. Nous, nous défendons par exemple une revalorisation des salaires, des conditions de travail et de carrières de tous ces “premiers de corvée”.

Lundi, le Premier ministre a annoncé un nouveau report de trois mois de l’application de la réforme de l’assurance chômage, soit jusqu’au 1er avril 2021. Cette réforme prévoit un durcissement de 4 à 6 mois de travail pour ouvrir des droits et une réforme du mode de calcul des allocations défavorables à ceux qui alternent chômage et contrats courts.

  • Nous continuons de demander la suppression pure et simple de cette réforme, fabrique infernale à précarité. Malheureusement – et malgré le contexte économique et social – le Premier ministre a indiqué qu’il n’entendait pas renoncer à cette réforme qu’il considère comme “majeure” ;
  • Pourtant l’ensemble des organisations syndicales demandent au gouvernement de renoncer à cette réforme. Le dialogue social, ce n’est pas juste convoquer une “conférence sociale” tous les 3 mois, c’est écouter les partenaires sociaux lorsqu’ils ont une revendication commune ;
  • Nous voulons une nouvelle négociation sur l’assurance-chômage afin de construire une réponse qui corresponde à la réalité de notre temps, à la crise économique et sociale que nous allons traverser. Cette négociation doit être confiée aux partenaires sociaux ;
  • Nous ne comprenons pas non plus l’entêtement du gouvernement avec sa réforme des retraites, dont il a programmé le retour pour fin 2020-début 2021. Les premières victimes de cette réforme seront ceux que nous avons applaudi à 20h : les infirmières avec la fin des “catégories actives” et tous ceux qui ont commencé tôt et qui ont eu des métiers pénibles avec l’âge pivot.

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