Des mesures contre les violences faites aux femmes…

Des mesures contre les violences faites aux femmes…

Ce 25 novembre, journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes le Gouvernement a choisi d’annoncer les premières mesures sorties de son Grenelle.

Des formations pour les enseignants

Un module de formation va être proposé aux enseignants (en formation initiale et continue) sur l’égalité entre les filles et les garçons, et aux jeunes qui effectuent le Service national universel. Qui plus est, « nous allons proposer aux personnels des établissements un formulaire unique de signalement en plus de la formation », a ajouté le Premier ministre.

Chaque année, le « conseil de vie » dans les collèges et lycées devra réaliser un diagnostic sur l’égalité filles-garçons en milieu scolaire.

Des intervenants supplémentaires dans les commissariats

Quatre-vingts postes d’intervenants sociaux vont être créés dans les commissariats et gendarmeries d’ici à 2021. Il s’agit de postes supplémentaires, qui complètent les 271 postes déjà existants.

Une grille unique d’évaluation du danger sera distribuée dès aujourd’hui aux commissariats et brigades.

La notion d’emprise inscrite dans la loi.

Dans la loi, va être ajoutée la notion de la « circonstance aggravante » dans les cas de harcèlement et violences qui ont conduit au suicide, le « suicide forcé ». La notion « d’emprise » va être inscrite dans le Code civil et dans le Code pénal pour tenir compte du fait que « la violence psychologique prépare souvent la violence physique ».

Des places d’hébergement dès janvier 2020

« Dans la moitié des cas, les femmes qui appellent demandent à quitter le domicile conjugal », a rappelé Édouard Philippe à propos du 3919. Des solutions d’hébergement seront ouvertes dès janvier 2020 : 1 000 places seront disponibles.

 

La possibilité de déroger au secret médical

« Nous devons, lorsque cela peut sauver des vies, offrir la possibilité aux médecins de déroger au secret médical », a annoncé Édouard Philippe.

Le chef du gouvernement a confirmé que les règles régissant le secret médical seraient aménagées, pour permettre aux professionnels de santé de signaler plus facilement les « cas d’urgence absolue où il existe un risque sérieux de renouvellement de violence ».

À ce sujet, la ministre de la Santé Agnès Buzyn va rencontrer prochainement le président du conseil de l’Ordre des médecins.

Suspendre l’autorité parentale

Une proposition de loi des députés LREM, Guillaume Gouffier-Cha et Bérangère Couillard, sera déposée en janvier. Il s’agira notamment de faciliter la suspension ou la déchéance de l’autorité parentale du père agresseur en cas d’homicide conjugal, et de renforcer les peines encourues en cas de « suicide forcé ».

Certaines « absurdités juridiques » seront supprimées, comme l’obligation alimentaire « qui contraint les enfants à subvenir aux besoins de leurs parents, donc de leur père, y compris quand celui-ci a assassiné leur mère ».

Une prise en charge des auteurs de violences

Parmi les autres mesures concrètes, Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes, avait d’ores et déjà annoncé que le gouvernement allait créer et cofinancer à 50 %, dans chaque région, deux centres de prise en charge des hommes auteurs de violences conjugales, afin de faire baisser la récidive.

Édouard Philippe a évoqué les auteurs des violences : « Derrière ce sujet se trouve celui de la prévention de la récidive, à côté de la prévention et des mesures destinées aux victimes. »

Édouard Philippe a annoncé une prise en charge des auteurs de violences dès le stade de l’enquête avec une évaluation médico-psycho-sociale. Le Premier ministre a également cité des expériences encourageantes à Saintes (Charente-Maritime) ou à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), avec l’organisation de groupes de parole pour les hommes violents.

Le 39 19 accessible 24 heures sur 24

Par ailleurs, la ligne d’écoute dédiée aux victimes de violences conjugales, le 3919, fonctionnera désormais « 24 heures/24 et 7 jours sur 7 », a indiqué le gouvernement. Depuis le Grenelle, ce numéro d’urgence reçoit 600 appels par jour, a indiqué Édouard Philippe, ce lundi, contre 150 appels en moyenne auparavant.

Si ces mesures sont des avancées pour la protection des femmes, le Gouvernement aura attendu le décès de 138 femmes et la mobilisation de 150 000 personnes dans les rues pour commencer à prendre la mesure de ce problème dans notre pays.

Les solutions existent, il est temps d’agir. Or, les annonces du gouvernement sont diminuées parce qu’elles ne sont adossées à aucun budget clair et ambitieux. Les associations ont évoqué des besoins à hauteur de 500 millions, voire 1 milliard d’euros, loin, très loin des 79 millions d’euros de crédits spécifiquement alloués à cette lutte, selon une étude menée par cinq organisations. La grande cause du quinquennat reste le parent pauvre des choix budgétaires du gouvernement.

 

 

Ajouter Commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués par *